Chorale
1942
J’ai
huit ans. M. Le Curé Majeau cherche quelqu’un pour chanter la messe le matin sur semaine. Lagronome Pauzé
et M. Napolion Savoie qui chantent habiturellement sont tres occupés à l’été pour le faire.
Je demeure au Magasin General, je suis la seule petite fille du village assez vieille et j’ai déjà une
bonne voix.
Yvonne
Pelletier, l’organiste du temps me fait passer une audition que je réussie à merveille. Mon professeure
Mademoiselle Geoffray me montre à lire le latin.
Je commence donc à chanter la messe à chaque matin
à 7h avant d’aller en classe et je fais partie de la Chorale du temps pour Noël, le Jour de l’An et
autres occasions spéciales.
Après la messe je déjeune au Presbytère avec le Curé. Chaque
matin j’avais remarqué qu’il prennait un petit Cognac dans son café.
J’ai aimé
ce temps, je me sentais importante. J’ai chanté jusqu’à mon départ pour l’Ecole Normale,
j’ai repris à mon retour. J’ai toujours fait partie de la Chorale paroissiale, Je l’ai même
dirigée pendant vingt-cinq ans, jusqu’en 2002.
Beaux souvenirs
1944 Visite de Monseigneur
M. le Curé Majeau nous annonce la visite de Mgr Louis Rhéaume
évêque de Timmons. Nous faisions partre du diocese de Timmons dans le temps. Tout le monde se met à l’ouvrage pour que le Presbytère
soit propre. Le jour avant son arrivée la Ménagère aidée de quelques professeurs de temps, lavait
la vaisselle des grands jours. Avec elles je transportais les assiettes et les verres de la cusine à la salle à
manger. Quelqu’un décide de déposer les coupes à vin par terre dans un carbaret. Lorsque j’ai
franché la porte j’ai mis les pieds au mauvais endroit, j’ai brisé quatre belles coupes.
Je me suis rendus
au bureau de M. le Curé pour annoncer ma maladresse. J’avais les fesses serrées. Il m’a demandé”
As-tu fait exprès? Bien sur que non, ai-je repondu. Il s’est levé, s’est rendu jusqu’à
moi, m’a pincé la joue et ma dit, Fais plus attention maintenant. Ouf! que ça fait du bien!
Je l’aimais
beaucoup M. le Cure
Un Autre
Visite
Lors d’une autre visite de Monseigneur, la Ménagère avait préparé un dinde farcie de
pommes de terre. Elle avait commence la cuisson la veille en pensant bien faire. N’étant pas taut à fait
cuite la dinde avait surie. La panique s’installe, le Curé envoie chercher ma mère pour donner un coup
de main. Je ne me souviens pas du nouveau menu mais ce fut un succès. Ma mère était bonne cuisinière.
Il faut vous dire que dans le temps c’était le poële à bois, pas toujours facile ma direz-vous.
Je me souviens
aussi qu’à chaque grande occasion on empruntait la belle nappe blanche brodie au richelieu avec douze serviettes
assorties que ma mère possedait.
Tresser une table correctement c’était un art et ma mère
se dépassait à chaque occasion.
1945
Service à table pour Monseigneur
Comme vous pouvez voir j’étais souvent sallicitee pour rendre
service au presbytère. Je me souviens que quelques Curés d’alors: C. Perron de Rollet
Curé Côté
de Notre Dame du Nord
Curé Sabin de Guérin
Curé Lafontaine de Nédelec
Peut-être quelques autres étaient venus pour la visite
de Mgr. Ils étaient presents au repas pour l’Evêque.
Je faisais le service à table,
j’avais onze ans. C’était le temps pour le thé. Je m’approche avec la glasse théiere,
je sers quelques Curés. Rendue à Monseigneur, il est en train de parler et ne fait aucun cas de moi. La théiere
est pesante et surtout chaude. Je me décide donc et lui dit “ En veux-tu du thé?” éclats
de rires général et un prêtre vient à la rescousse pour finir le service pour moi.
L’Evêque
ne m’intimidait pas beacoup. Je n’ai jamais été très gênée.
1946-47 Gardiennage
Souvent le Curé
Majeau devait aller à l’extérieur et il se faisait accompagner par la Ménagère Emilienne
Laliberté. Sa petite soeur Irène qui vivait avec elle au presbytère était mon amie. Nous gardions
toutes les deux parce qu’il y avait le Bureau de Postes à surveiller.
Un jour, en jeuillet, il y a eu
un gros arage. Nous voyions des éclairs dans le corridor du presbytère. Toutes les deux nous nous sommes à
genouillees pour dire le chapelet. Nous avions très peur.
Mon père à traversé du magasin
pour nous rassurées. Nous étions bien contentes.
Cette fois c’etait en hiver. Le Curé et
quelques personnes du village, (il n’y avait que sept maisons dans le temps)sont partis le dimanche après- midi
en Stage (voiture a cheval fermée et chauffée) pour aller à Guerin chez le proprietaire du Magasin Général
M. Antonio Bouchard.
Durant la nuit une tempête s’est levée avec cafales de vent. Ils ont dû coucher là- bas.
Nous étions seules les petites filles. Le lendemain la neige cachait la tank à gaz en face du magasin.
Personne ne circulait
, il y avait trop de neige. Quelqu’un est venu faire du feu au presbytère et nous déblayer un peu. Je
crois que c’était Onge Albert Malo.
Le Curé et les autres sont revenus seulement dans l’après-midi
du lendemain.
Il y avait de vrais hivers dans ce temps-là